Numéro 13

Numéro 13
L'histoire s'arrête là.
Sur un silence.
Un malentendu.
Plus personne n'en parle.
Comme si cela n'avait jamais existé.
Le doute s'insinue,
la réalité vacille,
l'essence se trouble.
C'est le néant qui se dissout dans l'infini.
Ou l'inverse.
On ne sait plus trop
et on ne cherche pas vraiment à savoir.
L'indifférence fait son chemin,
envers et contre tout.
Elle demeure par son absence,
brille par son vide.
C'est la fin.
Point.
Et dans cette fin, fourmille l'infini.
Encore.
La multitude des possibles.
Les alternatives et les nouveaux départs.
Les commencements.
La rémission après le deuil.
Le frétillement après l'immobilité.
Le murmure après le silence.
Mais d'abord…
La douleur.
Le manque.
La douleur qui déchire.
Le manque qui oblitère.
Le souffle.
Le vertige.
Le souffle coupé.
Le vertige devant le vide.
Les pleurs qui s'assèchent.
Non parce qu'on a moins mal.
Mais parce que la souffrance est telle
Qu'on ne ressent plus rien.
Mort.
A l'intérieur.
Et de cette absence
Naît la place.
Tant de place.
Pour accueillir à nouveau.
La vie.
Texte inspiré par la lame numéroté 13 du Tarot.
L'Arcane sans nom.
La Mort.

